220 obédiences, de l’équerre au compas…
Lettre #26 – Septembre 2018

 

C.S.

Bien Aimées Sœurs, Bien aimés Frères,

Le président de la République a convié les Grands Maîtres d’une dizaine des principales obédiences maçonniques françaises ce 5 septembre 2018 à l’Élysée, à titre amical, en dehors de l’agenda officiel.

Le dialogue entre l’État et la franc-maçonnerie a besoin lui-même de clarté. On dénombre en France plus de 220 obédiences.

La scissiparité peut constituer une richesse à condition d’éviter l’éparpillement et la dilution des valeurs qui nous rassemblent. Au-delà du plaisir de la reconnaissance implicite que cette invitation représente, elle pose certaines questions.

Par exemple pourquoi l’éthique de laïcité qui nous est si chère ne s’appliquerait-elle pas aux rapports des obédiences avec l’État, et ceci réciproquement. Mais comment ?

Si la rencontre et l’invitation au dialogue sont appréciables, il ne saurait pour autant être question que le Président instrumentalise la franc-maçonnerie. Inversement les maçons doivent rester dans une prudente neutralité politique.

La franc-maçonnerie ne constitue ni un groupe de pression, ni un culte, ni un corps intermédiaire. Elle est de plus diverse. Serions-nous une sorte de lanceur d’alerte ? D’une certaine façon oui mais nous sommes bien plus que cela, car cette veille est aussi ancienne que la République et plus encore. Témoin de l’humanisme en acte, parole, éthique et engagement, les rapports avec le premier représentant de la souveraineté populaire n’entre dans aucun cadre préétabli. De la Loge des Neufs Sœurs à la Déclaration des Droits de l’Homme, la maçonnerie est indissolublement liée à l’esprit et à l’éthique de République, lesquels se déclinent aussi bien à l’École que dans la laïcité, l’Égalité, la Liberté et surtout l’aspiration souvent oubliée à la fraternité sociale.

Il était donc important, même s’il n’y a pas de cadre idéal à ces échanges, que la forme ne contredise pas le fond. Nous étions une dizaine. Un déjeuner des grands maîtres réunit régulièrement une douzaine d’entre nous. Ces initiatives ont beaucoup fait pour réunir ce qui apparaissait parfois comme trop épars. Notre obédience y a pris sa part. Il faudra donc certes avec prudence définir le cadre le plus apte à rendre ces convergences pérennes tout en respectant l’originalité de chaque obédience. Certaines s’expriment sur un plan politique. D’autres se l’interdisent. Il n’est de ce fait pas imaginable qu’une structure de coordination prenne le pas sur l’identité de chacun comme c’est le cas pour les cultes par exemple. Ce sera donc une table amicale d’échanges libres, même si ce ne sera pas forcément toujours autour d’un dîner.

Certes le président a souhaité que les maçons se manifestent sur des questions qui touchent de près l’éthique comme la bioéthique ou la fin de vie. Pour ce qui concerne la GLCS, nous commencerons d’abord par définir le cadre d’une éventuelle réflexion sur ces thèmes et les voies pour les partager car fidèle en cela aux Constitutions, il ne peut être question que des débats aboutissent à manifester des opinions ou des oppositions politiques en loge. Même si évidemment nous savons bien que tout est politique, même le domaine spirituel ! Mais la règle est de permettre à chacun d’être libre en conscience sans s’opposer. Tout est dans la méthode maçonnique. Il y a donc une ligne jaune à laquelle le dialogue nécessaire avec les institutions n’autorisera pas à déroger.

Porter en dehors du temple les valeurs qui nous réunissent à l’intérieur, voilà qui définit une frontière intelligente entre l’activité dans la loge et l’engagement du maçon dans la société. Aussi avons-nous décidé de récompenser chaque année le livre qui semblera le mieux engager les évolutions de la société tout en assurant la veille pertinente de nos valeurs. J’aurai l’occasion lors du dîner annuel de la GLCS de préciser les règles et surtout l’objectif que nous suivons à travers ce prix.

Les travaux reprennent ! En fait ils n’ont jamais cessé. Même en période estivale, les graines semées continuent de germer dans le silence de la nature souvent retrouvée ou dans les libérations que nous nous offrons. Veillons donc a commencer une année maçonnique nouvelle sous le signe de l’enrichissement mutuel. Laissons éclore les fleurs déjà semées et souhaitons-nous d’en semer de nouvelles.


Christine Sauvagnac http://my.weblet.biz/users/2/Articles/Lettre26-Elysee-Marianne.jpg
Grand Maître de la GLCS

Le Grand Maître du Grand Orient de France, Jean-Philippe Hubsch, a remis à Emmanuel Macron la Marianne Jacques France
« Un symbole fort auquel ont été associées toutes les autres obédiences présentes.
Un geste que le Chef de l’État a fortement apprécié. »

 

 

Lien vers La Lettre #26 – Septembre 2018

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La Lettre Septembre-Octobre 2004
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